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Le pouvoir étonnant du rangement, écrit par Marie Kondo

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Le livre & pourquoi je crois que son livre n’est pas minimaliste

Vous avez été plusieurs à me recommander le livre Le pouvoir étonnant du rangement par Marie Kondo. Cette lecture m’a surpris dans le sens que je ne m’attendais pas à ce qu’il m’apprenne autant de choses, mais aussi parce qu’il m’a fâché à plusieurs moments. Je vous explique.

Ce que j’ai retenu du livre :

Avec le #minsgame, j’ai l’habitude de toujours axer le désencombrement sur les objets que je veux jeter et me débarrasser. En lisant ce livre, je me suis rendu compte que je devais plus voir le minimalisme d’une manière positive en conservant les objets que je désire conserver et garder ceux qui m’apportent du bonheur. (Jeter et se débarrasser est plus négatif que de vouloir garder ce qui nous apporte du bonheur.)

Selon l’auteure, les vêtements sont comme des êtres vivants. Ils doivent être traités avec soin même lorsqu’ils sont entreposés. Ainsi, leur tissu n’est pas en tension et se conserve plus longtemps: « Les chaussettes et collants rangés dans votre tiroir sont en vacances» p.90

Le meilleur truc que j’ai retenu de ce livre est le fait de réduire les bruits lors du rangement. C’est-à-dire de retirer toutes les étiquettes qui montrent des mots et qui nous dérangent inconsciemment. Marie Kondo souligne que nous aurons un intérieur beaucoup plus paisible si nous retirons les étiquettes des coffres de rangement, des bouteilles de lessives et autres emballages dérangeants.

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Source photo: VivreAvecMoins sur Instagram

Ce qui m’a déplu :

J’ai ressenti beaucoup de gaspillage à travers ses lignes. Elle raconte ses expériences de désencombrement extrême chez ses clients et chaque fois que je lisais une phrase comme : « 20 sacs-poubelle de trucs à jeter », mon cœur fendait en mille morceaux. De plus, il est arrivé souvent pendant le texte que je lisais ce genre de phrase. Parfois, c’était beaucoup plus de sacs et je trouvais cela atroce que des gens puissent jeter directement aux ordures autant d’objets qui pourraient avoir une deuxième vie.

Elle mentionne aussi qu’il est préférable de jeter un objet et que s’il manque vraiment à la personne, elle pourra toujours retourner se le procurer dans un magasin. Je peux comprendre que le désencombrement doit être drastique, mais j’aurais peur que la personne vive un choc soudain et qu’elle se retrouve à aller racheter tous ces objets. Je préfère qu’une personne fasse le désencombrement à son rythme et qu’elle prenne pleinement conscience des achats qu’elle a pu faire dans le passé. Mais bon, cela est mon opinion.

Marie kondo & le minimalisme ?

Je me suis rendu compte en faisant la lecture que ce livre est davantage pour une personne qui désire faire un premier pas vers le minimalisme en adoptant sa technique de désencombrement. Par contre, il serait préférable de le faire d’une manière plus écologique.

La méthode KonMari n’est pas du minimalisme, selon moi. L’auteure dit qu’il faut garder tout ce qui nous rend heureux, mais cela peut représenter un très grand nombre d’objets qui ne sont pas nécessairement tous utiles.

Marie Kondo met les biens physiques en premier plan, alors qu’avec le minimalisme c’est le contraire : il faut mettre de côté les objets pour faire plus de place à la personne. On doit se détacher de ses objets matériels pour retrouver un juste équilibre et avoir plus de temps pour soi.

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Dans la même semaine que j’ai fait la lecture du livre, une Youtubeuse a fait une courte vidéo comme quoi la méthode Konmari n’est pas du minimalisme. Voici le lien (anglais) pour plus d’arguments !

Qu’est-ce que la lecture du livre de Marie Kondo vous a-t-elle révélé ?

7 Comments

  • Simon Fournier-Smith

    Ce livre m’a fait me départir de certaines choses, mais après l’avoir lu et l’avoir rangé dans la bibliothèque, je suis allé m’acheter d’autres vêtements, d’autres films, d’autres livres… Et c’est reparti! 😉

  • Bianca @ La Grande Déroute

    Je vois de plus en plus le minimalisme comme un tri des objets que l’on possède non pas dans le but d’en posséder absolument le moins possible, mais bien dans l’optique que chaque objet conservé ait sa raison d’être : pratique, nécessaire, émotif (mais pas trop de ceux-là)… que chaque chose que l’on prend dans sa maison soit aimée, désirée, de qualité, utile, etc.

    Bien sûr, il y a tout l’aspect « épuration matérielle », mais plus j’avance dans le minimalisme (et encore, je ne suis pas certaine d’avoir envie de me dire minimaliste, slow life plus qu’autre chose, je sais pas trop…), plus je nuance. « Le moins possible », ça peut revêtir plusieurs formes.

    Pour le livre, je ne l’ai pas lu, mais j’ose espérer que « jeter » englobait « donner, passer au suivant, recycler, échanger, etc. », sinon, effectivement, ouch le gaspillage.

    Pour ce qui est de désencombrer façon express, je n’aime pas trop. Je crois – et c’est très personnel et comme le mouvement slow me parle beaucoup, ça teinte mes façons de faire, évidemment – que pour bien évaluer ses besoins, les raisons de posséder tel ou tel objet, ce dont on a réellement besoin ou non, ce à quoi on désire faire une place ou non, entretenir ou non, ça prend une certaine dose de réflexion, de temps… Mais ça, c’est moi. Le « je jète/récupère/donne/vends 60 782 objets d’un coup », pas pour moi.

    Très intéressant. Je ne sais pas si j’ai vraiment envie de lire le livre après coup, on verra bien 😉

  • Sarah

    J’ai lu ce livre au début février, intriguée par l’idée que cette technique pourrait changer ma vie (le titre est pas mal plus évocateur en anglais), changement dont j’avais grand besoin. Et effectivement, ça a changé complètement ma façon de voir les choses. En lisant le bout où l’auteure affirme que tous ses clients se débarrassent de 20 à 30 sacs de choses en moyenne, j’ai ri un peu. « Ben voyons donc, impossible que je me rende à 20, j’ai tellement rien! » À mon grand étonnement (et horreur), en suivant sa méthode, je me suis débarrassé (de façon responsable) de 30 sacs de stock qui ne m’apportait rien dans ma vie.

    Ça m’a fait un sale choc, moi qui pensais que je consommais de façon raisonnable! Et comme je ne voulais pas envoyer tout ça à la poubelle (quel gaspillage ce serait!), les sacs sont restés chez nous une bonne semaine en attendant que le recyclage passe, que le camion du Support vienne chercher les objets, que j’aille porter les tissus trop usés dans une boîte de collecte pour le recyclage textile… L’image des sacs qui prenaient toute la place et l’énergie que j’ai eu à dépenser pour les faire sortir de chez moi m’ont fait dire « plus jamais je veux faire ça » et depuis je suis extrêmement consciente de ce que j’apporte dans ma maison.

    Tout ça pour dire que le livre peut mener à un mode de vie minimaliste si on prend vraiment le temps de réfléchir à pourquoi on entreprend la démarche. En faisant l’exercice proposé par l’auteure avant de désencombrer quoi que ce soit, j’ai réalisé que je voulais faire de la place dans ma vie pour suivre ma passion (la peinture), ce qui en retour m’a inspirée à réduire mes dépenses au maximum pour pouvoir me permettre de travailler moins, ce qui m’a amenée à lire sur le minimalisme et à découvrir ce merveilleux blog cette nuit :). Oui on se concentre beaucoup sur les objets, mais c’est sur une courte période de temps pour ensuite ne plus jamais avoir à y penser et pouvoir se concentrer sur le reste justement. J’ai trouvé ce traitement-choc beaucoup plus efficace et libérateur que ma façon de faire d’avant où même si je me débarassais d’objets de façon régulière, je me sentais tout aussi encombrée qu’avant.

    Pour ce qui est de garder des objets en trop, je crois que si on reste attentif à ce que l’on ressent quand on prend l’objet dans sa main et qu’on élimine rigoureusement tout ce qui ne nous inspire rien (ce qui est super difficile je l’avoue), on reste avec exactement ce dont on a besoin. Techniquement, je pourrais vivre sans mon étagère à plantes et roches, mais c’est mon endroit favori de l’appartement et j’adore les contempler, donc elles restent. Et puis si je regrette un objet que j’ai donné, souvent je me rends compte qu’avec un peu de créativité, j’arrive à faire sans et j’adore ça!

    Donc voilà mon roman pour dire que je crois fermement que ce livre peut faire des miracles si on prend le temps d’aller plus en profondeur et d’être pleinement impliqué dans le processus. Et bravo pour ce blog! Je cherchais un point de vue québécois sur le sujet et je suis tellement excitée d’avoir trouvé que j’ai tout lu cette nuit. Et moi qui me pensais bonne avec mes épiceries à 50$ (quoiqu’on est deux)… Beaucoup de matière à réflexion!

    • vickypayeur

      Merci beaucoup de partager cette tranche de vie! Je crois que ce livre, s’il est lu en début du processus du minimalisme, ça peut être tout un choc, comme tu l’as dit.

      Abonnes-toi à la page Facebook du blogue si ce n’est pas déjà fait! 🙂

      Au plaisir de reparler ensemble!

  • Penelope Wildfox

    Eh bien j’ai eu la même sensation incomfortable. Oui ne garder que ce qu’on apprécié et jeter tout le reste est un concept intéressant, mais à mes yeux pas du tout décroissant et écologique (sic la question du recyclage) et peut être l’électricité ne essaie pour les gens qui découvrent le « minimalisme ». Je classe Béa Johnson un peu dans cette même catégorie. Je pense qu’il faut prendre le problème à la racine déjà. Exemple: pourquoi est-ce que j’ai 10000 paires de chaussures? Parce que j’en achète de qualité moyenne qui s’abîment rapidement. Donc elles ne sont plus assez belles/bien pour le travail ou les grandes occasions mais assez pour mes loisirs ou jardiner. Donc je garde et je cumule. Pareil pour les vêtements. Alors qu’avec une bonne paire solide, voir de marque et peut être plus chère, déjà inconsciemment je vais faire plus attention. Et là qualité payé n’est pas achetessezussi assujetti à l’usage que le discount de supermarché. Si des le départ on s’offrait (et non s’achetait) des objets de belle facture qui nous plaisent vraiment, notre rapport à être un serait complètement différent, nous en prendrons plus soin, leur donneraient plus d’amour et serions moins tentées de cumuler des objets similaires. Voilà ma pensée du jour ?

  • Janet

    Votre point de vue me plaît bien. Je suis tombée par hasard sur un groupe minimaliste il y a quelques mois, je n’avais jamais entendu parler de cette façon de vivre et de penser. Je me suis inscrite à ce groupe apparemment dans raison véritable, sauf que, très vite, mais après réflexion quand même, je me suis aperçue que depuis que je me suis installée (il y a 16 ans) dans mon nouveau pays, mon nouveau mode de vie s’est de plus en plus orienté vers le minimalisme, d’abord pour des raisons pratiques -il a fallu que j’apprenne, en arrivant dans mon nouveau pays, à faire avec ce que j’avais et à me passer de mon ancienne société de consommation-, ensuite pour des raisons économiques, puis petit à petit, j’ai appris, avant d’acheter quelque chose, à bien réfléchir à son utilité et à recycler autant que possible les objets inutiles plutôt que de les jeter. C’est pourquoi je comprends tout à fait votre réflexion sur le livre dont vous parlez, réflexion que je me fais souvent moi-même lorsque j’entends des apprentis minimalistes se précipiter dans la mise au rebut d’objets pouvant avoir une seconde vie, et de risquer ainsi de retourner quelques temps plus à l’achat d’objets manquants, générant ainsi un certain gaspillage. Merci donc à vous de nous interpeller sur la vraie raison d’être de nos aspirations au minimalisme.

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