La Grande Dépression (29-39) : Vivre Avec Moins

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Source photo: infogr.am

La grande dépression. Cet événement historique a marqué l’Amérique entière suite au Krash boursier sur Wall Street aux États-Unis. Cette période dans l’Histoire m’impressionne. Oui, cette décennie que l’on considère comme les années perdues m’inspire et m’intrigue au plus haut point.

Dernièrement, j’ai lu un livre nommé la Grande Dépression, récits des années perdues (Barry Broadfoot, 1973). Un vieux livre des années 70 pas très attrayant, mais tellement intéressant.  On y retrouve une centaine de récits des personnes ayant vécu ces années difficiles. Des récits de toutes sortes. Passant des abus sexuels jusqu’à la faim, en passant par les petites anecdotes du quotidien.

Je trouve cela dommage qu’on ne nous ait pas enseigné cette période difficile de l’histoire du Canada. Il est souvent mentionné dans ce recueil que les institutions scolaires n’enseignent pas ou très peu la grande dépression. Deux ou trois lignes tout au plus et c’est vrai! C’est malheureusement vrai! Comment pouvons-nous passer à côté d’une époque où les gens ont dû apprendre à vivre avec si peu! Une période qui a duré dix années!

Nous pouvons tirer tellement de leçons de cette période, autant du point de vue financier que pour la vie quotidienne.

Vivre avec moins de 10$ par mois

Que feriez-vous aujourd’hui avec 10$? Un petit trio sous-marin au Subway ou encore un café et un gâteau au café du coin. Dans le temps, 10$ pouvaient aider une famille entière (et dans le temps, c’était des familles de plus de 10 personnes!) à tenir pendant un mois. 10$ pour tout un mois. Imaginez à quel point les mères de famille devaient faire preuve de créativité pour mettre un repas sur la table, pour habiller ses enfants ou encore pour offrir des petits présents lors des grandes fêtes. Il y avait tellement de personnes sans emploi que c’était une aide gouvernementale, les Secours Directs, qui venait en aide à ces familles.

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Bon du secours directs. source photo: Numicanada

Bien entendu, les 10$ d’autrefois ne valent pas les mêmes 10$ d’aujourd’hui. C’est seulement pour faire une image de la situation à l’époque. Théoriquement, le 10$ de 1929 vaudrait 140$ selon la Banque du Canada. 140$ pour le loyer, le chauffage, l’école, la nourriture pour une famille nombreuse et plus encore. Souvent, les familles comptaient plus de 10 bouches à nourrir (il n’est pas rare de lire des livres où l’on présente des familles totalisant ce nombre de personnes et voire plus).

Feuille de calcul de l’inflation par la Banque du Canada
Quantité moyenne de personnes par ménage au Canada entre 1851 et 2011 

Récits de la Grande Dépression

L’extrême pauvreté. Pouvez-vous imaginer qu’une famille ait pu résider pendant 7 semaines dans un igloo? Parce que leur maison en planche de bois ne parvenait jamais à rester assez chaude pour que les gens puissent enlever leur manteau. C’est une image assez importante qui permet de visualiser à quel point les conditions dans ce temps étaient inhumaines. C’était ça la dépression.

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Des hommes sans travail faisant la ligne pour avoir un repas gratuit.
Source photo: CBC

Une jeune fille devait assoupir les désirs sexuels de son employeur parce que ça faisait partie de la job. La fille devait endurer cela pour vivre et pour nourrir sa famille parce que si non, l’employeur n’aurait aucunement eu de la difficulté à la remplacer, tellement il y avait de personnes qui voulaient à tout prix un emploi. C’était ça la dépression.

Certaines mères réutilisaient les sacs de jute dans lesquels on emballait les légumes. Elles utilisaient une substance pour décolorer les écriteaux, puis elles rapiéçaient ces sacs pour en faire des vêtements : des robes pour leurs filles ou des t-shirts pour leurs garçons.  C’était ça la dépression.

Tous des récits d’une extrême clarté dans lesquels il est possible de sentir l’émotion.

Après la Dépression

Bref, la grande dépression m’impression du fait que les gens vivaient avec très peu. Ils se sont débrouillés année après année avec ce qui leur tombait sous la main. D’après les récits dans le livre, plusieurs personnes en ont gardé des traumatismes.

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Le livre La Grande Dépression de Barry Broadfoot

Certains hommes, ayant vécu trop de honte dans le passé, car il n’avait pas les moyens financiers de bien faire vivre leur famille, gardent toujours la main sur leur poche où se trouve leur portefeuille. Pendant la Grande Dépression, l’argent n’existait tout simplement pas. L’argent était tellement rare que le peu que la personne possédait représentait énormément. Aujourd’hui, lorsqu’ils mettent la main sur leur portefeuille, cela leur permet de se rassurer, en souvenir des années difficiles.

Pour les femmes, elles conservaient toujours le peu de nourriture qu’il restait d’un souper dans un petit plat hermétique conservé au réfrigérateur. Ne jamais gaspiller la moindre nourriture, parce qu’à l’époque, il n’y avait pas moyen de gaspiller.

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Comprendre l’importance que chaque sou compte et qu’il faut récupérer et réutiliser au maximum est pour moi des notions importantes qui peuvent être appliquées dans notre société d’aujourd’hui. Il n’est aucunement souhaitable qu’une situation comme celle-là se reproduise, loin de là.

La Grande Dépression de 1929 à 1939 me passionne. Nous devons connaître ce qui s’est passé à cette époque pour mieux comprendre notre société d’aujourd’hui. Les ressources ne sont jamais infinies et nous devons apprendre à vivre avec moins dans le confort de notre société moderne.

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Un de mes livres préférés de toute ma vie. C’est une lecture de long terme, puisque je l’ai lu sur une durée de moins de 2 mois. Une lecture qui se fait bien, car ce sont plusieurs petits récits placés les uns après les autres. Si vous vous intéressez à la Grande Dépression, vous aimerez forcément ce livre.
Source photo: Vivre Avec Moins sur Instagram 

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Avez-vous des histoires de la grande dépression de 29-39?

Avez-vous déjà entendu vos parents ou vos grands-parents raconter une histoire à ce sujet?

Parlez-moi de vos récits en commentaire! 🙂

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11 réflexions sur “La Grande Dépression (29-39) : Vivre Avec Moins

  1. Excellent article sur un sujet passionnant.

    Il est intéressant aussi de voir les répercussions sur la génération qui a suivi par rapport à la gestion de leur argent.

    Malheureusement, les générations d’aujourd’hui sont trop loin de cette époque et les leçons semblent perdues.

  2. C’est très intéressant de voir que tu sors des sentiers battus avec ton blog!

    Il est vrai que l’on ne parle pas assez de la Grande dépression et à voir ton témoignage par rapport à ce livre, il faut croire qu’il y a beaucoup d’histoires touchantes qui en découlent. Même si c’est une lecture de longue haleine, je serais intéressée de lire cet ouvrage franchement!

  3. Super lecture. Mes parents étaient nés en 1926. Ils venaient d’une famille de 8 enfants chacun et les traces de la Grande Dépression, suivi du rationnement de la 2e guerre mondiale (durant leur adolescences) les avaient marqués.

    J’ai grandi dans un foyer ou on usait « à la corde » les objets, j’avais des cousines plus âgées et j’ai porté leurs vêtements, puis on les a passé à un autre membre de la famille (élargie). Quand mes parents achetaient qq chose, ils avaient mis les sous de côté car les cartes de crédit n’ont été populaires qu’après les années soixante.

  4. Super lecture! Les personnes nées avant 1930 ont une histoire économique différente de celle d’aujourd’hui : la grande dépression 1929-1939, suivie de la 2e guerre mondiale en 1939-1945 et les rationnements. Beaucoup de personnes ont perdu leur maison, leur ferme et une main d’œuvre non-qualifiée a pris la direction des usines qui fonctionnaient à plein régime pour fournir non seulement le Canada mais pour prêter main forte aux Britanniques. Ceci incita à la prudence dans la gestion du budget.

    Quand finalement la carte de crédit s’est implantée au Québec, c’était dans les années soixante : l’hyperconsommation venait d’entrer par la grande porte avec ses impacts.

  5. En effet , très bonne suggestion de lecture pour comprendre cette époque . Il y a aussi le livre :  » la crise économique de 1929 de JK Galbraith et le le livre les crises du capitalisme édition Perrin « . 2 livres que j’avais bien aimé . Une époque d’un minimalisme forcé d’où l’abondance dans les décennies suivante .

  6. j’apprecie vraiment ton article ca me rapelle les histoires de mes arrières grands parents (en france ceci dit) né dans les années 1900 ayant connu la guerre ils ont toujours gardé des traces de ces années difficiles mon arrière grand mere a été abandonné par son mari et a du elever seule 8 enfants avec un très modeste emploi de blanchisseuse elle a du placer ses filles(et ses fils travaillaient jeunes) en pension ou on servait le soir dans la soupe les reste du midi ou on lavais les enfants a la chaine dans l’eau glacé dans un grand bac et on reprisait les chaussettes en laine qui servaient d’enfant a enfant selon l’age et l’ordre d’arrivée au couvent. elle vivait dans un tout petit logement et sa serule richesse a été un piano (d’ou la gout prononcé de ma famille pour la musique et le chant).
    ma grand mere (née dans les années 20)a toujours eu cette peur de manquer en elle elle gardait TOUT journaux papiers cartons boites elle recyclait ca en jeu de carte pour faire des reussites. (mon grand père aussi bricolait beaucoup reparait tout et usait jusqu’a la fin le moindre objets tissus…) elle a eu 6 enfants (d’autres sont morts car a l’epoque les soins n’etaient pas comme maintenant) ils ont habité dans la loge d’un gymnase(gardiens et profs de gym par la suite) tous dans la meme piece sur des lits a triple étage fabriqué par mon grand pere. bien que très modestes ils ont toujours su repondre a leurs camarades de classes aisés qu’ils étaient fièrs de leur blouse meme en vielle toile car ils étaient toujours premiers de classe et ne ressentaient aucun manque car jouaient dans le gymnase. plus tard les plus grands ramenaient leur salaire a tous et parfois ma grand mere achetais de la viande ou quelques patisseries. a l’epoque c’étais des trésors. aujourd’hui mes oncles et tantes sont tous gourmands bons vivants et ne se privent jamais car ils ont connu pas mal de repas très simples et l’acces facile actuel a tout leur a donné soif de compenser. mais ils gardent ces reflexes de quand ils étaient petits passionnés de brocantes bricolages ils accumulent les choses ma mere a également ce très profond reflexe du « ca peut servir » non je garde je jette pas » je les apelle la generation ecureuil alors que nous sommes la generation consommation exposition (on soigne les apparences on se conforme pour etre reconnus on parade en pensant que posseder c’est exister mais pourtant nous n’avons pas besoin d’autant) etc moi je m’interresse au minimalisme car je me rend compte que le « trop » c’est mal car comme tu dis les ressources ne sont pas inépuisables je ne veux pas contribuer a du gachis.et je ne veux pas me retrouver dans une maison cave brocante non plus. mais je comprends pourquoi pour des gens de ces epoques peu c’est pas assez chaque objet rapelle avant, rapelle les anciens, rapelle ces galères de simplicité forcée effectivement se souvenirs du passé aide a saisir a quel point nous ne manquons pas. mais qui va nous en parler? les vieux oubliés en maisons de retraite? (c’est un autre debats mais avec l’enfance qu’ils ont eu ils meritent mieux qu’etre laissés comme ca ca me fait mal au coeur) et a quel point on gache parce que convaincu que le confort est une norme et pire un DU. nous devrions revenir a une vie plus simple pour eviter a de futurs generations une nouvelle simplicité forcée….? je lutte en permanence contre ce syndrome après guerre car après avoir entendu les ritournelles des adultes « ca peut servir c’est pratique on sais jamais » etc j’ai failli etre pareille.longtemps trop attaqhé aux choses mais je me sent mieux dans un logment plus épuré. comme si je tourne la page vers quelques chose de moins pollué. vers ce qui est reelement important. passer du temps avec des gens vivre des experiences ne pas me sentir ecrasées par des taches d’entretiens des depenses permanentes des credits etc et beaucoup de mes amies maman comme moi ont a coeur d’apprendre a nos enfants la valeur des choses et justement ne pas tomber dans les pieges des pub de la société qui nous pousse a exister pour depenser pour combler je ne sais quelle peur du vide injustifiée. comme des « drogués » toujours en manque qui doivent toujours chercher PLUS. moi je dit stop et je cherche le moins et le mieux.chercher ce qui nous rend satisfait de ce qu’on est et ce qu’on a. ps desolée pour ce pavé en ecris je sais pas encore faire minimaliste 😉

    1. Merci beaucoup pour votre partage. Cette page de l’histoire m’intrigue au plus haut point, à quel point les gens vivaient avec peu. Certes, ce n’était probablement pas des conditions confortables et idéales, mais je crois que l’histoire de cette génération, on doit s’en servir pour s’inspirer et revenir vers la base. Arrêter de vivre dans le luxe et la surconsommation et ne jamais être satisfaits.

      Mes grands-parents aussi récupéraient tout. Ils faisaient peu de déchets car tout était récupéré, transformé, et réutilisé.

      Merci d’avoir pris le temps de partager ça! 🙂 au plaisir xx

    2. J’adore votre récit de vie de votre famille. Merci pour votre partage! Je recherche tellement à vivre dans un monde qui n’est pas en surconsommation et qui se satisfait de ce qu’il a. C’est très difficile de vivre à contre courant.

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